vendredi 3 mars 2017

USA / Droits des transgenres

La justice tranchera, mais quand?

Les deux parties qui s'opposent aux Etats-Unis dans la "bataille des toilettes" sur les droits des personnes transgenres ont signifié mercredi leur désir que la question soit tranchée par la Cour suprême, sans être toutefois d'accord sur la date fixée.




D'un côté se trouve l'ACLU, la puissante organisation de défense des libertés, qui soutient dans ce combat judiciaire un adolescent nommé Gavin Grimm, né de sexe féminin mais qui s'identifie comme un garçon.

De l'autre se trouvent les autorités scolaires d'un comté de Virginie qui refusent à Gavin le droit d'utiliser les W.-C. pour hommes de son lycée, au motif qu'il est né avec un sexe féminin.

L'audience solennelle devant la Cour suprême est prévue pour le 28 mars et s'annonce très chargée politiquement. L'ACLU tient à cette date.

"La résolution de cette question est plus urgente que jamais", assure l'organisation dans un mémoire daté de mercredi et adressé à la Cour suprême.

"Tout délai n'apporterait aucun bénéfice à la Cour et prolongerait de façon inutile les souffrances des élèves transgenres qui attendent dans tout le pays la décision de la Cour", insiste l'ACLU.

A l'opposé, le conseil des autorités scolaires du comté de Gloucester suggère que la Cour suprême demande un avis officiel du gouvernement sur ce débat qui a pris une ampleur nationale, ce qui ouvrirait aux parties la possibilité de répondre et entraînerait des délais inévitables.

"L'audience devrait être repoussée au moins jusqu'à la session d'avril", a soutenu dans un autre mémoire l'avocat du conseil des autorités scolaires.

Derrière ce bras de fer sur la date se cachent des stratégies opposées: la Cour suprême est actuellement divisée entre quatre juges conservateurs et quatre progressistes, menaçant d'une décision à égalité quatre contre quatre.

Le neuvième et dernier siège de l'institution doit revenir à Neil Gorsuch, un magistrat très conservateur nommé le 31 janvier par Donald Trump. Mais, sa confirmation par le Sénat s'annonçant laborieuse, le juge Gorsuch ne pourra siéger avant avril au plus tôt. Il fera alors pencher la haute cour du côté conservateur, une perspective qui inquiète les personnes transgenres.

Cette question qui ne concerne directement qu'une infime partie de la population américaine a néanmoins pris une dimension emblématique, notamment sous l'influence d'arguments religieux ou sécuritaires discutables.

L'ancien gouvernement dirigé par Barack Obama avait émis une circulaire demandant au système public de l'éducation de laisser les élèves utiliser les toilettes et les vestiaires sportifs selon le sexe auquel ils s'identifient, et non selon leur sexe de naissance.

La nouvelle administration du président Donald Trump a retiré la semaine dernière ces directives, une décision dénoncée par les organisations de défense des transgenres. En laissant les Etats fédérés trancher, Trump a donné l'avantage aux conservateurs, majoritaires dans nombre d'entre eux.


(Source AFP)

Un bus de propagande anti-genre parcourt le pays


Un bus affichant des slogans contre les transsexuels a suscité un tollé général en Espagne, déclenchant l'ouverture mercredi d'une enquête par le parquet de Madrid.




"Les garçons ont un pénis, les filles ont un vagin. Ne te fais pas avoir. Si tu es né homme, tu es un homme. Si tu es une femme, tu le seras toujours", pouvait-on lire sur le grand bus orange qui a sillonné les rues de la capitale.

Affrété par le mouvement catholique ultraconservateur Hazte Oir ("Fais-toi entendre"), le bus était l'un des instruments d'une campagne de ce groupe contre le droit des personnes transsexuelles à être acceptées comme homme ou femme, quel que soit leur sexe à la naissance.

Le bus a entrepris une tournée pour dénoncer les nouveaux manuels scolaire d’éducation sexuelle qui intègrent l’identité de genre et l’orientation sexuelle. Un "endoctrinement sexuel", selon l’organisation.
 
Le véhicule devait poursuivre sa route vers d'autres villes, mais les autorités de la capitale l'ont saisi et ont protesté. Le parquet a ensuite demandé à un juge d'immobiliser le véhicule et a ouvert une enquête pour déterminer si le slogan constituait un "délit de haine".

Dans un communiqué, les magistrats ont affirmé que laisser circuler le bus risquait de créer un "trouble à l'ordre public (et) un sentiment d'insécurité ou de peur parmi les gens, en raison de leur identité ou orientation sexuelle, notamment parmi les mineurs pouvant être touchés par le message."

La campagne a suscité un tollé: le député conservateur Javier Maroto a dénoncé une "inadmissible campagne" de haine contre la communauté LGBT.

"Ceux de Hazte Oir ont peut-être des pénis et des vagins, mais ils n'ont ni cerveau ni coeur", a réagi Pablo Iglesias, leader du parti de gauche radicale Podemos.

La Plateforme espagnole pour les droits trans a quant à elle demandé l’intervention du procureur général en vertu de l'article 510 du Code pénal espagnol sur l’"atteinte à la diginité".

Mercredi, une vingtaine de personnes ont protesté devant la mairie de Madrid contre la saisie du bus que l'association tentait de récupérer.

L'Espagne n'a pas de loi contre la discrimination des personnes transgenres, mais une dizaine de régions sur 17 ont adopté des textes en ce sens.

Pari-T association  loi 1901
(Avec AFP)

mardi 14 février 2017

VIH / Sida



Défendre les droits des malades, indispensable pour lutter contre l'épidémie


Défendre les droits des personnes séropositives et des malades du sida est aussi important que le développement de nouveaux traitements pour combattre efficacement l'épidémie, ont argumenté des ONG française et africaines à l'occasion d'une réunion au Sénat mercredi.

 

Pari-T association de lutte contre la sida loi 1901
 www.pari-t.com


« Si on ne met pas l'accent sur les droits » des groupes vulnérables face à l'épidémie, comme les usagers de drogue, les homosexuels et les travailleurs du sexe, « l'épidémie de VIH va repartir », a averti Enzo Poultreniez, chargé du plaidoyer chez Aides.

« Criminaliser les populations-clés contribue à les éloigner des dispositifs sanitaires », a témoigné Charles Somé, de l'association burkinabé REVS+.

Au Burkina Faso, après l'appel d'un leader religieux à faire la « chasse » aux homosexuels, qui a fait baisser la fréquentation des centres de santé par ces populations, l'ONG a réuni 80 leaders religieux et coutumiers pour expliquer les conséquences de ce type de déclarations en termes de santé publique.

Cette réunion, une première dans le pays, n'aurait pas été possible sans l'appui d'Aides, qui l'a intégralement financée, a souligné Charles Somé.

À l'île Maurice, le travail de l'association PILS, soutenue par Coalition Plus, a permis de sauver en partie le programme de traitement de substitution (méthadone), que le gouvernement voulait supprimer. Mais, avec le renforcement du contrôle policier, certains "se sont éloignés des structures de santé, ce qui les place dans une situation de vulnérabilité encore plus grande, eux et leurs partenaires", a observé Nathalie Rose, chargée de plaidoyer de PILS.

Ces projets, comme ceux soutenus par Aides et Coalition Plus - fédération d'associations de lutte contre le sida - dans neuf autres pays, montrent que "le pari de mettre des ressources dédiées" sur les droits humains fonctionne, a estimé Enzo Poultreniez.

Les ONG ont présenté au Sénat leurs premiers résultats et plaidé pour que le financement de ces projets soit pérennisé et que cette logique soit généralisée à d'autres pays.

Le sida continue de tuer plus de 3.000 personnes par jour dans le monde et 60% des pays ont une législation qui fait obstacle à la prévention et au traitement efficaces du VIH, selon Coalition Plus.

(Source AFP)